Fonctionnaire de Prévention

Plan Stratégique de Sécurité et de Prévention Ville de Spa

Edouard de Ponthier

Rue Hanster, 4 - 4900 Spa
Tél. : 0498.520.160
doudou@cjspa.be

Depuis une quinzaine d'années, la Ville de Spa (Échevinat des Affaires sociales et Échevinat de la Jeunesse) s’est inscrite dans un « Plan Drogue », devenu aujourd’hui Plan Stratégique de Sécurité et de Prévention. Sur le terrain, (principalement dans la rue, mais aussi dans des cafés, bals et autres lieux de rassemblement, à savoir, les lieux de vie des jeunes) cette démarche se concrétise par le travail d’un Fonctionnaire de Prévention qui aide les jeunes à (re)tisser des liens sociaux et essaye de les détourner des drogues ainsi que des milieux criminogènes pour les guider vers des activités plus constructives et éducatives. Comme il possède une bonne connaissance des différents services (emploi, logement, services sociaux…), il est à même de les relayer vers les autres acteurs sociaux tout en les démystifiant. Le cas échéant, le Fonctionnaire de Prévention est capable de faire des recherches pour apporter la réponse la mieux adaptée aux besoins et demandes des jeunes.
Il est également à l’écoute des parents qui le souhaitent. C’est la personne de référence en matière de toxicomanie sur l’entité communale.
La déontologie du Fonctionnaire de Prévention assure la confidentialité.

Le Fonctionnaire de Prévention encadre les différents groupes pour les dynamiser, mais aussi pour les informer en diverses matières telles que : les droits et devoirs de citoyens, la législation en vigueur (respect de l’environnement, consommation de drogue…) mais aussi sur de simples règles de la vie comme la tolérance, le respect de soi et d’autrui. Toutes ses démarches sont empreintes du respect des droits de chacun dans son intimité, sa vie privée, ses convictions personnelles, sa différence.

Son travail peut se résumer tel que :

Travail de rue : Rencontre d’un maximum de personnes afin de créer des liens, et ainsi de répondre aux attentes de ces derniers : le Fonctionnaire de Prévention a rencontré les principaux groupes de jeunes de la commune et a essayé, dans un premier temps, d’établir un sentiment de confiance et par la suite créer des projets avec eux. Pour la rencontre avec les personnes plus âgées, il travaille soit sur appel direct de la personne ou sur la demande d’un autre service ou encore des autorités communales (ces dernières représentent la quasi-totalité de nos interventions avec ce public).
Réalisation d’une radiographie « sociale » permanente par le travailleur de terrain : Le fait que le travailleur soit régulièrement dans les rues permet à ce dernier d’être au courant, et ce quasi quotidiennement, des difficultés ou des situations des personnes. Cela permet d’aider les différents acteurs sociaux de la commune dans leurs suivis ou dans leurs dossiers.
Réponse aux demandes des organisateurs d’activités extérieures (festivals de théâtre, Francofolies,…) : Dans le cadre du travail de rue, il essaye de prendre contact avec les différents organisateurs de festivités sur la commune afin de faire part de sa connaissance du terrain et des groupes ainsi que de connaître les lieux qui sont susceptibles d’être fréquentés par les jeunes lors de ces différentes activités.
Tissage de liens avec les différents professionnels de la commune (assistantes sociales, éducateurs des communes voisines, agents de quartier,…) : Afin de travailler de manière plus précise, le travailleur de terrain a tissé tout un réseau de contact avec les différents travailleurs non seulement de la commune, mais également de la zone de police. Ce qui permet d’avoir de meilleurs résultats.

Suivis individuels et suivis méthadone : Les personnes qui en bénéficient sont reçues seules par le travailleur de terrain, il leur est donc plus facile d’aborder certains problèmes.
La connaissance des divers services sociaux de l’entité par l’éducateur permet une réorientation plus rapide des dossiers individuels afin d’optimiser les résultats.
Travail plus personnalisé afin de mettre en confiance les bénéficiaires et obtenir ainsi de meilleurs résultats.
On peut travailler sur la durée et réaliser ainsi un travail de fond.

Dans le cadre des suivis méthadones, l’éducateur de rue apporte une aide sociale au consommateur (réorientation, suivis individuels,…) cependant, tous les suivis méthadones ne sont pas automatiquement suivi par le travailleur de terrain, cela reste avant tout une démarche personnelle réalisée par la personne, ils sont cependant mis au courant de l’existence du service par le biais d’un folder de présentation du service mise en place dans les cabinet des médecins spadois.

Réinsertion socioprofessionnelle : Le public est motivé sachant qu’il s’agit d’un travail pratique et manuel reconnu (articles dans la presse locale, nomination à divers concours…)
Les participants ont pu soit créer de nouveaux liens avec des participants au projet venant de tous horizons ou prolonger et approfondir ceux existants déjà avec les bénéficiaires d’autres projets.
Le projet a permis aux participants soit d’acquérir de nouvelles connaissances, soit de renforcer ces dernières dans divers domaines (carrosserie, mécanique,…). En effet, durant l’atelier, ils ont pu avoir de nombreuses discussions autour de divers centres d’intérêt. Cela leur a également permis d’approfondir leur culture générale au rythme de chacun et toujours dans une ambiance bon enfant. Un intérêt constant sur toute la durée du travail (parfois près de 10 mois) a également pu être gardé. Cela leurs permet également de retrouver de nouveau repaires.
Les participants ont toujours été très motivés et très réceptifs tout au long de la formation et ce malgré la durée du projet. Cela a également permis au travailleur de terrain de gagner la confiance des participants, ce qui a facilité le dialogue et a permis la mise en place de suivis individuels avec les participants qui rencontrent des difficultés au quotidien.
Déjà trois projets réalisés ou en cours de réalisation (nominés au Prix Belge de Sécurité et de Prévention à la Criminalité 2005, ainsi qu’au Projet « Zoom Jeunes »2005 et 2006).
Tenter de diminuer la tentation de consommation ainsi que la consommation de produits psychotropes : durant les activités organisées par le travailleur de terrain, ce dernier a établi comme condition au bon fonctionnement l’obligation de ne pas consommer de produits stupéfiants durant les activités en leur expliquant les tenants et les aboutissants de cette condition.
Dans un souci de qualité, nous avons choisi de rémunérer des professionnels qualifiés dans les divers domaines afin de donner les meilleurs conseils aux bénéficiaires du projet.
Ces projets ont peut-être permis de créer des vocations chez les participants.

Sports : Prêter aux bénéficiaires une écoute attentive afin qu’ils puissent discuter en toute liberté de leurs problèmes familiaux (manque de communication avec les parents et/ou avec leurs familles, …), sociaux (décrochage scolaire, difficulté d’intégration dans la société -ce qui peu amener des nuisances ou encore un sentiment d’insécurité de la population-,…) ou liés à une consommation (leurs expliquer les risques, les effets d’une consommation de produits).
Ecouter leurs idées : faire des matchs de mini-foot contre d’autres jeunes venant de tous les horizons (les Centres Jeunes de la région, les internats,…)
Les dynamiser en répondant à leurs attentes : rassembler tous les jeunes intéressés à ce projet, afin de leur proposer une équipe et de chercher d’autres équipes contre lesquelles ils pourraient organiser des rencontres.
Leur faire prendre conscience de leur capacités en leur faisant réaliser toutes les démarches (trouver les différentes équipes, effectuer les demandes pour organiser les matches, demander aux autorités communales pour acheter un jeu de maillot de foot,…) avec une aide extérieure du Fonctionnaire de Prévention.
Tenter de diminuer la tentation de consommation ainsi que la consommation de produits psychotropes : durant les activités organisées par le travailleur de terrain, ce dernier a mis comme condition au bon fonctionnement, de ne pas consommer de produits stupéfiants durant les activités en leur expliquant les tenants et les aboutissants de cette condition.
Il nous a paru utile de travailler sur ces projets avec les demandeurs, car nous avons pu aborder avec eux leur implication dans une action citoyenne et responsable leur permettant de s’investir à titre personnel dans des projets sportifs qui leur tiennent à cœur.
D’un autre côté, cette action a aussi une portée visant à restaurer le sentiment de sécurité des citoyens dits « ordinaires » qui peuvent parfois être effrayés par le look et l’attitude des certains de ces jeunes, car bien qu’ils ne soient pas agressifs, ils peuvent donner l’impression d’être quelque peu sauvages. Cette action permet de montrer que ces jeunes sont prêts à s’investir dans des projets « pour tous » et donc, par ce biais, démontrer qu’ils sont prêts ou capables de s’intégrer dans la société.