CORTÈGE ET GRAND FEU DE MATHY LOXHET

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Il suffit de se costumer...

CORTÈGE ET GRAND FEU DE MATHY LOXHET

Mathy Loxhet au bûcher, aquarelle de Francine Landrain ©

Quoi ?
  • Animation
  • Folklore
Quand ? Le 24/02/2018,
de 14:30 à 20:00
Où ? Hôtel de Ville et Bd des Anglais
S'adresser à
Téléphone 087.77.14.18
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Samedi 24 février 2018


  • 14 h 30 : Rendez-vous devant l’Hôtel de Ville

  • 15 h : Départ du cortège

  • 17 h 30 : « Rapwertroule » et grand feu boulevard des Anglais

Le cortège de Mathy Loxhet, clôturé par le grand feu, est une tradition spadoise qu’il nous tient à coeur de maintenir. C’est l’occasion pour les Spadois et les Spadoises de tout horizon de se rencontrer dans une ambiance décontractée.


Une tradition spadoise que nous vous invitons à perpétuer avec nous. Joignez-vous au cortège en costume de pleureuse, de curé, de moine, de béguine, ‘1900’ ou[traditionnel (sarrau, robe l’Ardennaise).

 

Le[mannequin de Mathy Loxhet sera confectionné par les enfants inscrits au stage 9-12 ans organisé par le Centre culturel durant les vacances de carnaval.


 

 

 

Tout savoir sur Mathy Loxhet

 

Que signifie Mathy Loxhet ?Mathy est un prénom très commun dans la région. Loxhey ou Loxhet est la déformation de l’ohê en wallon qui signifie l’os.

Quel est le rapport entre le grand feu et un os ? L’os est en fait l’os qui reste lorsque l’on a mangé tout le jambon. On a fait ripaille durant les jours de carnaval. Quand la fête est finie, on  enterre ce qu’il en reste, c’est-à-dire l’os.

A Outremeuse, le 15 août, on peut assister pour célébrer la fin de la fête à l’enterrement de Matî l’ohê durant lequel les participants se promènent en pleurant toutes les larmes de leur corps derrière un os porté sur un brancard. A Spa, le grand feu et l’enterrement se sont certainement confondus en une même fête à un moment indéterminé mais assez ancien. Donc, on enterre Matî l’Ohê en le brûlant.

 

Pourquoi un enterrement ?Il s’agit d’enterrer la fête et de se préparer à faire le carême (période d’abstinence pour les chrétiens). Mathy Loxhet avait lieu le dimanche qui suit le mardi gras. Comme le nombre de fêtes carnavalesques s’est développé ces derniers temps, l’animation spadoise se situe à un moment où il n’y a pas d’autres carnavals. Auparavant, les participants au cortège étaient tous déguisés en costume de deuil.

 Il s’agit d’une fête qui célèbre la fin de l’hiver. Les jours allongent, la lumière revient, les premiers signes avant coureur du printemps se manifestent. On parlera donc parfois de brûler le « bonhomme hiver ». 

Pourquoi un feu ? Durant cette période de l’année, on voit fleurir un peu partout dans les villages de la région des grands feux (Creppe, Winamplanche, Nivezé, La Gleize etc.). Il s’agit d’une tradition très ancienne. Dans les sociétés traditionnelles anciennes, les phénomènes naturels n’étaient pas toujours expliqués de façon scientifique. Les rites plus ou moins magiques avaient donc toute leur importance pour permettre à chacun de vivre bien. Le grand feu est l’un de ces rites de purification. Le feu brûle, détruit les « crasses » et permet à l’ensemble de la communauté de se débarrasser symboliquement de tout ce qui est mauvais. Ce rite est lié au retour du printemps, période de renouveau, de pureté. Les organisateurs faisaient le tour des habitants pour récolter des combustibles de toutes sortes et les objets dont on n’a plus l’usage. Il n’était pas bon de ne pas donner et de ne pas participer à ce rite commun, sous peine de voir sa maison incendiée par les mauvais esprits.

Pourquoi les jeunes mariés allument-ils le feu ? 

Il était très important pour la communauté rurale de pouvoir continuer à survivre en ayant une bonne récolte permettant de faire face aux famines et aussi une descendance qui assurera les vieux jours des adultes et le développement du village. Le Grand Feu est donc une manifestation qui veut forcer le destin en apportant la fécondité. C’était souvent le moment où les couples se formaient ou se manifestaient en public. En allumant le feu, les derniers mariés apportent la fécondité à toute la communauté mais désirent également la recevoir pour eux-mêmes. Une  vieille tradition, que nous ne remettrons pas à l’honneur, rassurez-vous, consistait à demander à une jeune fille d’uriner dans le trou réalisé pour monter la potence. Il s’agissait de féconder la terre, afin que les récoltes soient abondantes. Dans ce sens, le grand feu y participait puisque les cendres étaient précieusement récoltées et épandues dans le champ. La potasse contenue dans les cendres est en effet un excellent engrais.   

Pourquoi faire un discours avant la mise à feu ? Que veut dire la rapwertroule ?

Le moment du carnaval est un moment très particulier dans la vie de la communauté. Il est un moment de désordre, de « monde à l’envers ». Durant le carnaval, on peut faire ce que l’on ne fait pas d’habitude et notamment se moquer des autorités et des personnages de la communauté. Il ne s’agit nullement de régler ses comptes, mais de se permettre de renverser les rôles. Cette satire se veut actuellement gentille et dans certaines localités, c’est celui qui n’est pas égratigné qui est le plus offusqué. Durant les siècles précédents, les autorités notamment religieuses ne voyaient pas d’un très bon œil ces manifestations populaires, tout en considérant qu’il s’agissait d’une forme de défoulement encadré momentané, qui permettait de renforcer les règles assez strictes de vie en société durant toute l’année. Le mot « rapwertroule » est un mot wallon qui signifie racuspoter. Cette tradition peut prendre d’autres formes par exemple les « rôles » à Malmedy ou les affiches satiriques à Stavelot.

Pol Jehin « Réalités 2008 »